Ces derniers temps, l’actualité informatique est dominée par, l’annonce d’AWS de s’implanter en France en 2017 (pour en savoir plus : http://www.allthingsdistributed.com/2016/09/aws-announce-eu-france-region.html).
L’annonce suivante de Microsoft de faire de même est, elle, passée beaucoup plus inaperçue (en savoir plus : http://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-apres-aws-microsoft-va-ouvrir-des-datacenters-azure-en-france-66114.html).

L’offre de services d’AWS comprendra donc une nouvelle zone de disponibilité située en France qui s’ajoutera aux zones européennes situées en Irlande et en Allemagne.

Franchement, quelle importance?

Nous ne ferons pas une analyse détaillée sur cette annonce.

Certes, cette nouvelle va pousser nos acteurs français (comme Ikoula, OVH ou Outscale) à se différencier encore plus, en offrant les services répondant aux besoins spécifiques des entreprises françaises.

En revanche, on se pose la question suivante : pourquoi tant d’enthousiasme?

Maintenant qu’AWS est localisé en France, ça y est, on migre tout ?

=> Le service est déjà accessible depuis l’Allemagne, et offre des performances très satisfaisantes.

=> La réglementation européenne sur la gestion des données (GDPR) s’applique aussi bien en France qu’en Allemagne.

=> La localisation physique de la donnée ne garantit pas son régime juridique.

En résumé : beaucoup de bruit, pour pas grand chose d’un point de vue client.

En effet, la construction de datacenters AWS en France ne protègera pas les données des programmes comme PRISM : AWS, situé en France, restera une société qui dépendra d’AWS, société américaine. Donc l’argument “protection des données des programmes d’espionnage” ne tient pas vraiment.

La protection des données offerte par les réglementations allemandes sont aussi favorables que les règlementations françaises.

La réelle nouveauté de cette annonce est peut être à chercher ailleurs.

La France est une excellente implantation pour les datacenters et le cloud : l’infrastructure réseau est d’excellente qualité, l’infrastructure électrique aussi, et la demande est forte. De plus, la France sert aussi de point d’arrivée (ou de départ, ça dépend du point de vue) pour les câbles transatlantiques…et pour relier l’Afrique.

Avec l’annonce de la zone Asie/Moyen-Orient à Mumbai, l’Afrique pourra être desservie par les services AWS par l’intermédiaire de 2 zones : Mumbai et la France.

Il s’agit potentiellement d’un très bon moyen de mesurer l’attrait des services AWS pour ce continent…avant une annonce d’implantation.

Au final, que retenir de cette annonce?

C’est une très belle opportunité pour nos acteurs : cet éclairage soudain sur le marché du Cloud est une aubaine pour communiquer et faire connaître ce type de services auprès des décideurs pour favoriser l’émergence de marchés et d’acteurs locaux.

De fait, l’apparition de ces acteurs globaux à des échelles locales favorise l’éclosion d’un écosystème Cloud fort, poussant les acteurs à se différencier et à se renforcer.

Au final, cette annonce est une bonne nouvelle pour l’écosystème Cloud français, mais il ne s’agit pas de la révolution proclamée par certains.