« Getting information off the internet is like taking a drink from a fire hydratant » Mitchell Kapor

 

Il y a 50 ans, la NASA envoyait les astronautes d’Apollo 11 sur la Lune avec un ordinateur d’une capacité de 70 Kilo-Octet. Aujourd’hui, ce poids est celui d’un simple mail envoyé.

Le numérique ne cesse de se développer et de s’alourdir. On constate, en effet, une augmentation du partage de contenus et toujours plus de création de données.

Ce développement n’est pas sans conséquences sur l’environnement et sur les individus.

« L’humanité a produit au cours des 30 dernières années plus d’informations qu’en 2000 ans d’histoire et ce volume d’informations double tous les 4 ans. » P. Aron et C. Petit

Armstrong, Martin? « Infographic : Global Data Creation is About to Explode. » Statista, 16 April 2019

Comment et pourquoi le numérique s’est surchargé ? Quelles réponses pour le décharger ?

 

Le diagnostic : la surcharge informationnelle

Il est indéniable que le numérique a permis un meilleur accès à l’information et à sa diffusion. Néanmoins, face à une multitude d’informations émanant sans cesse par divers canaux, il est possible d’être rapidement submergé.

Ce phénomène lié à la surabondance d’informations porte un nom : l’infobésité.

Il y a infobésité quand le volume d’informations reçu par un être humain dépasse sa capacité productive de traitement de ces données.

La multiplication des supports (réseaux sociaux, médias en ligne, newsletters, publicités, notifications…) et la facilité avec laquelle le numérique permet de partager du contenu accélère ce phénomène.

L’infobésité ou autrement dit la surcharge informationnelle peut comporter 3 dimensions :

  • Une dimension informationnelle : augmentation constante du volume d’informations à traiter et réduction du temps pour traiter celles-ci. 
  • Une dimension communicationnelle avec l’accroissement des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC).
  • Une dimension cognitive : la capacité à gérer la surcharge est propre à chaque individu.

En entreprise, l’infobésité trouve sa source principale dans les nombreux e-mails que les salariés reçoivent au quotidien mais la surcharge informationnelle est aussi due à la multiplicité des outils existants.

Les nouvelles technologies, en augmentant la vitesse de circulation des données et en réduisant le temps de traitement, ont aussi fortement participé à cette surcharge informationnelle.

Le paradoxe est que si les NTIC ont pour but premier d’améliorer les flux d’information et faciliter les processus décisionnels, leur usage peut toutefois conduire à la situation contraire.

Dans tous les cas, lorsqu’un individu travaille, il produit de l’information et l’utilise. En revanche, plusieurs facteurs peuvent accentuer cette surcharge informationnelle. Par exemple :

  • Des facteurs inhérents à l’individu lui-même : on constate que plus l’individu a un niveau d’étude élevé ou plus il est âgé et plus il a de risques de subir la surcharge informationnelle.
  • Des facteurs liés à l’entreprise : la taille de l’entreprise peut avoir un impact sur la surcharge informationnelle. Plus le nombre de collaborateurs est élevé, plus la surcharge peut-être conséquente.

 

L’infobésité peut entraîner plusieurs risques

Des risques concernant la santé des collaborateurs ou risques psychosociaux.

Les salariés peuvent être découragés, stressés, anxieux… Face à l’impression de ne jamais parvenir à rattraper le flot d’informations. 52 % des salariés français présentent des « niveaux élevés d’anxiété », 24 % se disent en « état d’hyperstress », 16 % développent « probablement un trouble anxieux » et 6 % sont en dépression. Par ailleurs, lire plusieurs mails, répondre au téléphone… peut affecter la mémoire et diminuer la productivité. D’autres salariés peuvent au contraire se retrouver en situation d’addiction s’ils n’ont pas la possibilité de consulter leurs mails.

Des risques d’indécision ou de simplification excessive.

Au-delà d’un certain nombre d’informations reçues et devant l’abondance de choix, le processus décisionnel diminue en termes de qualité et du temps de prise de décision.

Des risques de désinformation.

Lorsqu’on est confronté à un volume d’information trop important, il est compliqué de savoir si elles sont bonnes ou mauvaises, et donc de faire le tri.

 

Comment lutter contre l’infobésité ?

Une solution : tendre vers la sobriété numérique

Un salarié passe 28% de son temps de travail à lire ses mails et consulter son smartphone. Et le temps qu’il passe à éliminer les informations inutiles peut prendre jusqu’à 20% de son temps de travail.

L’alourdissement des services numériques lié au stockage et aux nombres de requêtes nécessaires pour le bon déroulement des fonctionnalités représente des coûts énergétiques importants.

Prendre conscience de cette obésité numérique est un premier pas pour l’endiguer et tendre vers davantage de sobriété. 

Que ce soit le partage de contenus ou la conception de services numériques, la sobriété n’a que des avantages. L’allègement permet une diminution des coûts, mais surtout du stress et de l’anxiété pour les utilisateurs.

Voici quelques pistes pour tendre vers la sobriété numérique :

    • Filtrer l’information : quel que soit le moyen d’information (mails, newsletter, réseaux sociaux, abonnements…), il est possible de filtrer le flux d’informations et les notifications reçues afin d’en diminuer la quantité et se concentrer sur les plus pertinentes.
    • Choisir des sources d’information fiables : il est important de se concentrer sur quelques sources dont on connaît la fiabilité.
    • Dédier du temps à la recherche d’information : se réserver du temps qualitatif pour la lecture, ce qui suppose noter et garder pour plus tard certains articles au moment où on les croise.
    • Limiter les temps de connexion.

 

Chez Nuageo, nous veillons à éviter cette surcharge informationnelle. Nous essayons de ne partager que de l’information utile, utilisée, utilisable. Nous avons créé de la documentation qui nous apprend à être plus responsable dans l’utilisation quotidienne de nos ressources numériques. Dans le cadre de nos projets d’entreprise à mission, nous réalisons de vraies actions pour agir sur cette infobésité et le mal-être qu’elle peut générer sur l’ensemble de vos collaborateurs. 

Et vous dans votre entreprise, vous agissez comment ?

 

 

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