Les fables de La Fontaine font partie du patrimoine culturel français. Par leur ton et leurs niveaux de lecture, ces textes à l’allure anodine sont tout autant des réservoirs de sagesse populaire que des critiques acerbes de la société française du XVè siècle.

Pour autant, est-ce que Jean de La Fontaine (ou vos professeurs de français) aurait pu se douter que les leçons d’hier sont toujours aussi vraies aujourd’hui?

Nous avons vu dans les grands classiques des points qui nous semblent particulièrement pertinents en ce moment.

Le lièvre et la tortue

Ah, cette fameuse épreuve de vitesse où aucun pari n’a été ouvert car tous ont parié sur le même vainqueur. Cette course où Usain Bolt doit courir contre votre serviteur, et dont l’issue est connue bien avant l’annonce du lieu et du parcours de l’épreuve.

Sans revenir dans le détail, il est intéressant de noter que l’important n’est pas de se précipiter, mais de savoir gérer son effort en gardant son objectif en tête.

La période que nous venons de vivre nous a mis au pied du mur sur l’utilisation de certains outils : la vidéoconférence, les outils de messagerie instantanée, la collaboration en ligne,…

Des outils qui ont pu être adopté avant tout dans l’urgence, sans prise en compte des règles de sécurité ou des bonnes pratiques en vigueur dans l’entreprise.

Car, il faut être honnête, quand l’activité d’une entreprise est en jeu, certaines choses passent au second plan. Notamment celles qui n’aident pas à assurer la pérennité.

Pour autant, il n’est pas trop tard pour revenir sur les choix faits dans l’urgence et les confronter aux règles en vigueur dans l’entreprise, et de répondre à des questions qui sont essentielles pour vous : Où sont stockées les données? Est-il possible de conditionner l’accès à des droits dans l’AD? Ce service me permet-il de respecter des contraintes réglementaires?

Maintenant que la période de la précipitation est passée, il faut prendre le temps de faire les choses avec vitesse et sérénité, en visant les vrais usages.

Le corbeau et le renard

Est-il encore nécessaire de présenter ce texte, ce classique parmi les classiques des cours de français à travers les réformes du programme scolaire?

Rappelons nous seulement du point clé de cette histoire : devant les louanges incongrues et farfelues du rusé renard, le corbeau perd son bien précieux.

Ainsi, devant les sirènes de la communication et les flatteries commerciales, il est facile de perdre de vue ce qui est important. Phénomène encore renforcé par les communications toujours plus rapides et les décisions à prendre de façon quasi-instantanées à cause de la rapidité de l’activité…et des besoins des utilisateurs.

Jean de La Fontaine met ici en garde les décideurs IT devant les discours trop bien rodés et standardisés : prenez le temps de faire un pas de recul pour trouver le bon service pour vos usages. Les discours marketing ne racontent qu’une partie de l’histoire, et il s’agit rarement de celle que vous souhaitez entendre.

Le rat des villes et le rat des champs

Un texte peut être un peu moins connu, même s’il mérite de questionner les pratiques de la Cour du Roi.

Ici, le rat citadin invite son ami campagnard chez lui. Pour autant, quand pendant le repas un trouble émerge, le citadin apeuré s’enfuit en entraînant son ami avec lui. Las, ce dernier lui répond que chez lui, à défaut d’avoir le faste, il dispose de la tranquillité. 

Loin de moi l’idée de critiquer les échanges de la machine à café; je souhaite plutôt mettre en avant l’idée de sérénité.

Dans votre SI, que préférez-vous? Des services qui échangent sans votre contrôle, ou un écosystème dans lequel vous avez confiance?

Lors du confinement, vous avez peut être choisi des services par défaut; aujourd’hui, prenez le temps nécessaire pour construire l’écosystème de confiance qui vous permettra d’accompagner votre entreprise et vos utilisateurs vers de nouveaux usages, peu importe les situations.

Le loup et le renard

Encore une fois, un texte un peu moins connu mais qui n’est pas dénué d’intérêt… et qui bénéficie de multiples niveaux de lectures.

Le roi des animaux, le lion, est vieux et malade. L’ensemble de ses sujets sont venus lui rendre hommage. Tous? Non, le renard n’est pas là.
Le loup en profite, et dénigre le renard. Ce dernier arrive enfin, se défend, et obtient la mort du loup au motif que revêtir la peau encore chaude d’un loup permet de se soigner. La morale est que l’on obtient plus par la douceur que par la violence.

Le temps des supplices corporels est derrière nous et, il nous semble, interdit par le Code du Travail (chose que l’on applaudit, car ce n’est pas dans notre ADN Nuageo).

Ce que l’on retient de cette fable est à la fin de celle-ci : “il faut pas exciter le maître à la malveillance, mais à la douceur”.

Vos utilisateurs, vos clients, sont vos ambassadeurs. La meilleure façon de tirer partie d’eux est de les embarquer dans vos projets IT pour prendre note de leurs remarques et commentaires, mais surtout de leurs attentes.

Eveillez-les à la bienveillance de votre posture sans attendre les phases de recette (ou, pire encore, devant le fait accompli du déploiement); il faut les solliciter en amont de vos projets.

Le lion et le rat

Nous terminons notre épopée littéraire avec ce lion qui, après avoir ridiculisé un rat, se retrouve emprisonné dans un filet. Le rat, sans rancune, tranche les mailles du filet avec ses dents et permet au lion de se sortir de ce piège.

Cette histoire met en avant plusieurs éléments qui doivent vous guider :

  • Même le plus fort a besoin d’aide,
  • Le plus fort dans un sujet n’est pas forcément le plus adapté à tous les besoins,
  • Prendre le temps évite les écueils de la précipitation,
  • Respecter son écosystème permet d’en tirer partie.

Au delà de la théorie des 4 points présentés ci-dessus, vos projets SI méritent votre temps et, le cas échéant, un accompagnement par des experts; que ce soit pour prendre du recul, pour définir clairement votre feuille de route ou pour la réalisation.

C’est un thème récurrent de cet article, mais l’urgence de ces 3 derniers mois ne doit pas faire passer au second plan votre nécessité d’accomplir vos projets d’une façon certes rapide, mais surtout sereine. Nous avons tendance à l’oublier, mais vitesse ne rime pas avec précipitation.

Pour terminer

Nous vous laissons sur une dernière pensée, philosophique et pragmatique, de George Santayana (aussi connu sous le nom de Jorge Agustin de Santayana) : Ceux qui ne peuvent se souvenir du passé sont condamnés à le répéter.

Prenons le temps de tirer un bilan de ces quelques mois particuliers pour construire des projets SI plus sereins et plus durables (pour les hommes et l’entreprise).
Prenons en compte nos expériences de l’urgence, mais ne les répétons pas bêtement.
Enfin, prenons le temps de construire une confiance nécessaire pour la transformation numérique des entreprises.